Tu as sûrement déjà entendu cette citation : « Si vous ne pouvez pas le mesurer, vous ne pouvez pas l’améliorer. »
Elle aurait été prononcée par Lord William Thomson Kelvin au 19e siècle. Oui, le 19e.
Et pour te situer, on est maintenant au 21e siècle. Plus de deux cents ans plus tard, le principe demeure plus actuel que jamais : sans mesure, il n’y a pas d’amélioration possible.
Pourtant, lorsqu’on parle d’analytique RH, cette discipline commence à peine à s’ancrer dans plusieurs PME du Québec. Certaines sont déjà bien avancées, avec des tableaux de bord précis et une vision data-driven. D’autres peinent encore à établir les bases qui leur permettraient de comprendre leurs tendances RH et de mesurer efficacement la performance humaine au sein de leur organisation.
Si tu t’es déjà dit : « J’aimerais mesurer mes indicateurs RH, mais je ne sais pas par où commencer », rassure-toi — c’est normal. Le domaine évolue vite, mais il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Et pour t’inspirer, il existe de très bonnes ressources francophones, dont le blogue d’Andrée Laforge, Mesurer le capital humain, une référence pour quiconque veut comprendre la valeur réelle des employés dans la performance globale d’une entreprise.
En attendant la création de ton premier tableau de bord RH, je te propose une mise à jour : les 12 statistiques RH à connaître en 2025. Des chiffres récents, des tendances actuelles et quelques réflexions pour t’aider à évaluer ta propre réalité.
1. 56 % des employés québécois se disent ouverts à changer d’emploi dans les 12 prochains mois
Le marché de l’emploi reste hautement concurrentiel. Malgré un ralentissement économique, la pénurie de talents persiste dans plusieurs secteurs. Ce chiffre, tiré d’un sondage de 2025, montre que plus de la moitié des travailleurs envisagent un changement professionnel à court terme.
La fidélité à l’employeur n’est plus acquise. Les gens recherchent du sens, de la reconnaissance, et des valeurs alignées avec les leurs. Pour éviter une vague de départ, pose-toi la question : qu’est-ce que mes employés recherchent vraiment aujourd’hui?
2. 72 % des employés qui vivent une expérience d’intégration positive restent plus de trois ans dans la même entreprise
L’intégration est devenue un levier stratégique. Un bon accueil influence directement la rétention. Les entreprises qui investissent dans un processus d’onboarding structuré réduisent considérablement leurs départs précoces.
En 2025, les programmes d’intégration misent davantage sur la connexion humaine, le mentorat et l’inclusion dès le jour un.
3. Le taux de roulement moyen au Canada atteint 23 %
Le taux varie selon les secteurs, mais la moyenne nationale s’établit maintenant à 23 %. La mobilité volontaire demeure forte, notamment dans les domaines technologiques, des services et de la santé.
Les PME doivent revoir leurs pratiques de fidélisation et leur proposition de valeur employeur pour rester compétitives.
4. Le coût du roulement d’un employé peut représenter jusqu’à 350 % de son salaire annuel
Oui, tu as bien lu. Selon le niveau de poste et de spécialisation, remplacer un employé peut coûter entre 30 % et 350 % de son salaire annuel. Cela inclut le recrutement, la formation, la perte de productivité et la charge mentale sur les équipes en place.
Une estimation rapide : au Québec, remplacer un employé de bureau à temps plein coûte en moyenne 26 800 $. Et ce chiffre grimpe rapidement pour les postes techniques ou spécialisés.
5. 18 % des départs surviennent dans les 60 premiers jours
Le problème n’est pas le recrutement, mais l’intégration. Si près d’un employé sur cinq quitte dans les deux premiers mois, c’est souvent parce que les attentes n’ont pas été bien alignées ou que le soutien initial est insuffisant.
Revoir le parcours d’accueil, clarifier les rôles et offrir un accompagnement dès le début peuvent transformer cette statistique en opportunité de rétention.
6. Le coût moyen d’une embauche au Canada dépasse maintenant 5 200 $
Selon les plus récents chiffres de 2025, le coût moyen par embauche, tous postes confondus, a augmenté d’environ 25 % depuis 2020. Les causes? La hausse du temps de recrutement, les outils numériques, et les campagnes de marque employeur.
La clé : investir dans un processus efficace et une expérience candidat irréprochable.
7. Les entreprises avec un fort engagement des employés sont 19 % plus profitables
Les chiffres varient légèrement d’une étude à l’autre, mais le message reste constant : l’engagement paye. Les organisations où les employés se sentent écoutés, reconnus et valorisés génèrent de meilleurs résultats financiers.
En 2025, la performance passe par la mobilisation. Et la mobilisation passe par le leadership humain.
8. 47 % des employés envisagent de partir à cause d’un manque de reconnaissance
La reconnaissance demeure un des points faibles les plus fréquents dans les entreprises. Les employés veulent se sentir vus, entendus et appréciés. Une simple reconnaissance mensuelle multiplie par deux le sentiment d’appartenance selon une étude récente.
La bonne nouvelle? Il ne s’agit pas toujours d’argent. Un mot sincère, un remerciement public ou une marque de confiance peuvent avoir un effet durable.
9. 1 seule reconnaissance par mois augmente de 62 % le sentiment d’être valorisé
Cette statistique traverse les années sans faiblir. Même en 2025, elle reste vraie. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir d’un geste simple. La reconnaissance, c’est une perception. Ce qui compte, c’est la constance.
Et si tu veux bâtir une culture solide à ce niveau, je t’encourage à explorer nos outils de formation sur la reconnaissance et la mobilisation.
10. 39 jours, c’est le temps moyen pour recruter un poste au Québec
Bonne ou mauvaise nouvelle? Tout dépend de ta réalité. Le délai s’est légèrement réduit par rapport à 2023, mais la complexité des profils augmente. Pour plusieurs PME, les postes spécialisés prennent encore plus de 45 jours à combler.
Pour être performant, il faut une stratégie, des outils et une discipline de recrutement constante. Un bon processus peut faire économiser des milliers de dollars en productivité.
11. 70 % des chercheurs d’emploi priorisent les offres avec salaire affiché
La transparence salariale est devenue une norme attendue. En 2025, la majorité des candidats ignorent les offres qui n’affichent pas la rémunération. Et ce n’est pas une mode : plusieurs provinces canadiennes envisagent maintenant d’imposer cette transparence par règlementation.
Afficher le salaire, c’est aussi une question de confiance et d’authenticité.
12. 3,8 % : le taux de chômage moyen au Québec en 2025
Le marché reste tendu. Le taux de chômage demeure historiquement bas, et certaines régions peinent toujours à recruter. Cela confirme une réalité : la guerre des talents n’est pas terminée. Elle s’est simplement transformée.
Aujourd’hui, attirer et retenir ne repose plus sur les salaires seuls, mais sur la culture, la flexibilité, la reconnaissance et le développement professionnel.
En résumé
Plus de deux siècles après Lord Kelvin, la phrase « si vous ne pouvez pas le mesurer, vous ne pouvez pas l’améliorer » résonne toujours aussi fort.
Les données RH ne sont pas que des chiffres. Elles racontent l’histoire de ton organisation : ton niveau d’engagement, la santé de ta culture, la performance de ton équipe.
Commence petit, mais commence. Mesure ce qui compte vraiment pour ton entreprise : la rétention, la satisfaction, le développement, la reconnaissance. Chaque indicateur devient un levier pour t’améliorer et bâtir une culture durable.
Et si tu souhaites t’inspirer davantage ou bâtir ton premier tableau de bord RH, tu peux toujours te tourner vers des partenaires spécialisés comme Soluflex — ou encore consulter les ressources d’Employeur Élite, qui accompagnent les organisations dans leur évolution humaine et stratégique.
Article rédigé par Mathieu St-Amant
Édité par Claudia – Soluflex









